INTERVIEW TRABENDO
Interview réalisée le 6 Juin 2005 - Trabendo
- Paris par A French Inside et Kriss et rédigée par Hardtack
My French Romance : Salut, je nous présente,
nous ne sommes pas un magazine mais un fansite français qui a été
cité sur votre site officiel.
Gerard : Ah ouais je crois que j’y
suis allé !
My French Romance : Bienvenue en France, désolé
qu’il pleuve déjà…
Gerard : C’est pas grave, t’en
fais pas.
My French Romance : Comment vous faites face à
l’explosion My Chemical Romance auquel vous êtes exposés
?
Frank : En fait c’est quelque chose
qui est arrivé tout d’un coup. On ne l’a pas remarqué
jusqu’à très récemment.
Gerard : Ouais on était très occupé, mais
ça devient très éloigné de la réalité,
mais je sais même pas si c’est la réalité si
t’y penses, tu vois ce que je veux dire ? Tu garde les pieds sur
Terre parce-que tu sais pas vraiment ce qu’il se passe. C’est
si rapide, et tu travailles si dur, si longtemps que t’as pas le
temps de t’arrêter et de regarder pour voir ce qu’il
se passe. Il y a quand même des choses comme faire la couverture
de Spin Magazine ou alors passer chez David Letterman qui nous font réaliser
ce qui se passe, mais à part ça on voit pas tellement ce
qui se passe.
Frank : Il y à beaucoup plus de monde qui viennent au
concert mais on a pas l’impression que quelque chose a changé.
Gerard : La seule chose qui a changé que j’ai un
peu remarqué, mais c’est quelque chose de génial,
c’est que plus de monde vient mais j’ai l’impression
qu’ils deviennent plus fous pendant les concerts. Le public est
à nous maintenant alors qu’avant il était à
quelqu’un d’autre, et quand on faisait des têtes d’affiche
on avait encore l’impression qu’il était à quelqu’un
d’autre qui était juste un peu curieux alors que maintenant
il est à nous, c’est ça la différence.
My French Romance : Est-ce que vous en avez marre
que les gens vous jugent à cause de votre apparence plutôt
qu’à cause de votre musique ?
Frank : Ouais…
Gerard : Ouais, quand même parce que tu vois c’est
pas un look calculé qu’on a, c’est quelque chose qui
a évolué au cours du temps. Tu commence à «
vivre » ton groupe et tes chansons chaque soir donc t’essayes
de refléter ce que tu fais, ce que tu chantes et ce que tu joues.
ça craint vraiment d’être jugé là-dessus
et d’être appelé un groupe goth ou quelque chose, juste
parce qu’on met du maquillage et qu’on est habillé
en noir alors qu’on est tout simplement des fans de Bowie, tu vois
moi je suis un gros fan de groupes goth, je sais pas c’est bizarre,
et il y a des fois où je préfère qu’on nous
appelle un groupe goth-punk, c’est dur…
Frank : Moi je crois que je suis plutôt fatigué
que les gens nous jugent parce qu’ils croient nous connaître,
parce qu’ils nous ont vu à la télé ou ont lu
un article sur nous dans un magazine plutôt que de voir la manière
dont on s’habille. Tu vois les gens lisent certaines choses ou lisent
ce que d’autres gens pensent de nous et ensuite se disent qu’on
est comme ça, pas vraiment les fans mais les gens qui sont les
amis d’autres amis qui croient qu’ils vous connaissent et
savent comment vous êtes, c’est dça qui me fait marrer.
Gerard : Ouais ces gens, avant de les rencontrer ils savent déjà
tout sur toi mais ne savent rien de ce que tu es en tant qu’être
humain. Ils ont une idée en tête que t’es sois un super
héros ou un gros naze et essayent de déterminer lequel t’es.
Frank : Ouais, c’est jamais au milieu c’est l’un
ou l’autre.
My French Romance : Pourquoi les gilets pare-balles
?
Gerard : C’est marrant parce que
on a la chanson It’s Not A Fashion Statement, It’s A Deathwish
et si on avais eu un « Fashion Statement » (déclaration
de mode) et bien ça aurait été la seule chose. Moi
je l’ai toujours vu comme notre groupe étant indestructible,
il est pare-balles, on ne peut pas le détruire, c’est très
simple.
Frank : C’est une réflexion de comment on se sent
sur scène, on est là haut tout seul, contre le monde et
personne ne peut toucher ça, c’est symbolique.
My French Romance : Vous pensez quoi des fans français
?
Gerard : Ils sont phénoménaux
! On a juste pu les expérimenter une fois, la dernière fois
qu’on était à Paris.
Frank : Ouais, c’était tellement bien.
Gerard : C’est un de ces concerts dont t’as besoin
en tant qu’être humain, on en avait vraiment besoin.
Frank : Ce jour là était très agité
pour nous, on a pas eu l’occasion de faire grand chose, on était
bloqué dans la salle toute la journée en train de faire
des interview pour la presse et on avait été sur la route
toute la nuit, c’est un de ces voyages où tu fais un truc
après un autre sans arrêt. Là on avait envie de faire
un très bon concert et ce soir là on a joué à
Paris et ça m’a épaté !
My French Romance : Merci d’être revenu
chez nous si tôt !
Gerard : Ouais de rien ! Comment tu crois
que ça sera ce soir ?
My French Romance : A peu près la même
ambiance je pense… Sinon vous pouvez nous en dire plus sur votre
prochain album ?
Frank : Bah il est en train d’être
écrit là…
Gerard : On a fait un long chemin en tant que compositeurs et
grace à ça c’est plus simple d’écrire
les chansons maintenant que quand on écrivais celles de Three Cheers
For Sweet Revenge sur cet album on était en train de garder l’équilibre,
on essayait de remplir l’espace entre un groupe qui faisait du punk-hardcore
et un groupe qui voulait toucher beaucoup de monde mais aussi de se dévoloper
soi-même. On ne l’a pas écrir seulement pour toucher
beaucoup de monde, c’est ce qu’on voulait devenir, on a voulu
mélanger un genre de rock arena qu’on a admiré avec
du punk pour voir si ça pouvait marcher et maintenant vu qu’on
a compris le truc, et ça a pris tout un album pour comprendre,
tout est plus simple et on a déjà écrit huit ou neuf
chansons du prochain album que nous voulons sortir prochainement.
Frank : Sur cet album on aura beaucoup plus de chansons à
choisir, ça sera la crème de la crème !
My French Romance : J'ai eu l'occasion d'interviewer
Quinn et Branden de The Used et de leur parler de votre relation, ils
ont dit beaucoup de belles choses sur vous et ont prononcé des
phrases comme "une vraie famille » par exemple. Vous pouvez
nous parler de cette relation?
Frank : En fait, il y a un petit moment,
le tour manager de The Used a découvert notre groupe sur internet.
Il a écouté ce qu’on faisait et a vraiment aimé,
dès qu’il avait le temps il prenait l’avion pour venir
nous voir, il a montré notre groupe au leur, ils nous ont aimé
et on a fait un concert à Chicago dans la salle « The Metro
», c’était un concert énorme pour nous parce-qu’on
faisait plutôt des concerts dans des garages ou des petits concerts
ici et là.
Gerard : On a conduit depuis le New Jersey rien que pour ce concert,
c’était quelque chose comme 18 heures de route.
Frank : Ouais c’est à mi-chemin à
travers le pays pour aller jouer ce concert et c’était un
concert incroyable et à partir de là ils nous ont demandé
de faire la tournée.
Gerard : Ils nous ont énormément aidé, et
en ayant été en tournée avec eux on a développé
une relation très proche avec eux parce-que on vit ensemble quasiment
ce qui est génial. Ça faisait un concert énorme parce-que
nous n’avions rien de semblable, mais la mentalité derrière,
tout ça était semblable.
My French Romance : Vous écoutez quoi en
ce moment ?
Frank : Quelque chose de nouveau ?
Gerard : C’est une bonne question, quelque chose de nouveau…
J’essaye de penser a quelque chose de nouveau parce que sinon je
parle toujours des mêmes groupes.
Frank : Bah c’est pas nouveau pour moi mais dans le bus
l’autre jour j’essayais de m’endormir alors j’ai
écouté The Smiths et ça me fait faire de beaux rêves…
Gerard : Moi c’est Brian Eno, c’est le même
genre de truc, quelque chose pour te relaxer et ça m’a vraiment
aidé. Quand j’allais chez des thérapeutes ils m’ont
suggéré d’écouter Brian Eno parce-que ça
baissait mon niveau d'anxiété au lieu d’écouter
des enregistrements de l’océan ou d’une putain de pluie
ou quelque chose, ils m’ont dit de ne pas écouter cette merde.
My French Romance : Quelle question est–ce
que vous voudriez qu’on vous pose ?
Gerard : En fait nous on vous en pose une
: De quelle manière vous percevez My Chemical Romance ?
My French Romance : On trouve que vous êtes
plus libre ici en France, on a lu pas mal de trucs sur vous sur internet,
des histoires un peu folles, mais c’est pas tellement le cas en
France, on a pas beaucoup de groupies.
Gerard : C’est bizarre parce-qu’on
en a pas tellement nous. On autorise pas les groupies en backstage.
My French Romance : Pas tellement après les
concert mais plutôt avant les concerts, tous les fans qui vous submergent.
Gerard : Ah ouais je vous de quoi tu parles,
tout le truc des gamines qui attendent dehors, vous avez pas beaucoup
ça en France. C’est bizarre, vous pensez que c’est
un groupe qui en a beaucoup aux USA, c’est un truc nouveau, un truc
qui apparaît quand on commence à passer à la télé.
Notre groupe est pas tellement dans ce genre de truc et c’est pour
ça je pense que ça a marqué beaucoup de gens, on
autorise pas que ca se passe en backstage, on traîne ensemble et
lisons des bandes-dessinées. On est très anti-groupies et
voulons que les filles qui viennent à nos concerts aient beaucoup
de respect pour elles mêmes et qu’elles ne fassent rien qui
ne les rendent inconfortables, même à un autre gars dans
la foule.
My French Romance : Maintenant au contraire, quelle question est-ce que
vous n’aimeriez pas qu’on vous pose ?
Gerard : Comment on a trouvé le
nom du groupe…
My French Romance : Certains fans de la première
heure vous reproche votre coté underground du premier album, qu'en
pensez vous?
Frank : Bah on avait un label indépendant,
c’était underground parce-qu’il était très
dur à trouver. La musique dessus était très accessible,
beaucoup de mélodies, je pense qu’on avait beaucoup plus
de parties différentes sur les chansons. On aime faire des chansons
légendaires et je pense que sur le deuxième album on est
allé en avant, mais la réponse la plus évidente est
qu’on a signé sur un major pour ce deuxième album.
Gerard : Pour nous, jouer ce premier album en live ne
nous paraissait pas très naturel parce-que quand on a écrit
les chansons, on savais pas vraiment ce qu’on faisait, le deuxième
album est le résultat d’avoir tant joué le premier
album en live et de se sentir mala l'aise sur scène, ça
ne nous bougeait pas, ça ne suivait pas une voie naturelle, ça
n’exprimait pas ce qu’on voulait, ça nous rendait confus.
Regarde un groupe comme les Blood Brothers, ils ont fait leur dernier
album et se plaignaient que ce n’était plus amusant de jouer
en concert et qu’il fallait simplifier des choses pour les rendre
plus amusantes. C’est vraiment pour le groupe, maintenant les chansons
sont jouées de manière à ce que ça nous nous
ouvriont émotionnellement et que nous soyons en connection avec
le public.
My French Romance : Vous pouvez jouer Demolition
Lovers ce soir ? (Requête de Kriss)
Gerard : Il y a tellement de chansons qu’on
aimerait jouer en concert mais le truc avec ce groupe c’est que
on a été en tournée tellement longtemps que on a
plus le temps de répéter et c’est nul parce-qu’il
y a des chansons qu’on aimerait jouer comme Demolition Lovers ou
Drowning Lessons ou même Monroeville mais on a pas eu l’occasion
de juste répéter parce qu’on a été en
tournée tout le temps, on a introduit plus de chansons du nouvel
album et je crois qu’on en joue plus ce soir que la dernière
fois, on a pas les sets les plus longs du monde mais c’est quand
même bien !
My French Romance : Une question pour toi Gerard,
certaines personnes ont été un peu choquées de te
voir cracher sur les gens pendant le concert , ça ne te dérange
pas ?
Gerard : T’as vu comment Frank me
crache dessus pendant les concerts ? (rires)
Frank : Non cette question est pour toi !
Gerard : C’est vraiment pas un truc méchant, c’est
même pas du crachat, j’en génère pas beaucoup
de salive, c’est surtout de l’eau, je la boit et je la recrache,
c’est rien de négatif, mêmes aux USA on crache sur
des mecs et ça les énerve, c’est pas du tout fait
pour énerver qui que ce soit. Depuis qu’on a tourné
avec Green Day, je crois pas avoir craché sur quelqu’un,
on pouvait pas cracher sur la scène parce qu’ils avaient
beaucoup de matériel qui coûte cher et on voulait pas le
bousiller alors on a du limiter l’eau et les crachats donc on a
apprit à limiter tout ça, c’est juste quelque chose
qui peut arriver…
My French Romance : Vous avez pensé quoi
l'un de l'autre la première fois que vous vous êtes rencontré
?
Gerard : La première fois que j’ai
vu Frank j’ai pensé qu’il jouait avec les Get Up Kids.
(rires) Non j’avais vu Frank jouer avant de le rencontrer et je
me disais que c’était un des individus les plus talentueux
que j’avais jamais rencontré, c’était génial
il jouait devant 6 personnes dans un trou et il se donnait à fond,
pas beaucoup de personnes peuvent se donner a fond avec de l’émotion
sans public mais lui le pouvait.
Frank : J’ai rencontré Mikey avant de rencontrer
Gerard, c’était le mec aux fêtes qui connaissait tout
le monde et un jour son grand frère s’est ramené à
la fête, je me souviens lui avoir parlé mais c’était
un de ces gars à qui tu pouvais parler mais lui ne te parlait pas
parce-qu’il pensait que t’étais quelqu’un à
qui t’as besoin de parler ou parce-que c’était cool
de lui parler, il était naturellement sympa. Je me souviens qu’il
était ma personne préférée à cette
fête parce-qu’il était naturel, il y avait quelque
chose en lui qui faisait que j’avais envie d’être ami
avec lui, parce-que c’est une personne bien mais je me suis rendu
compte que ce n’était pas vrai (rires). Ce n’était
pas un mec qui aimait faire la fête, il disparaissait pendant 3
mois et ensuite je lui demandias « t’étais passé
où Gerard ?» et il me répondait « oh, à
la maison, à lire des bandes dessinées ».
Gerard : J’essayais de devenir un artiste alors je flottais
entre une personne sociable et une personne qui passait sont temps à
dessiner. Et finalement je me suis dis « Putain je dois vivre ma
vie, je peux pas rester dans mon garage à dessiner toute la journée
».
My French Romance : Une dernière question,
c’est quoi votre histoire de fan la plus folle ?
Gerard : Je pense que l’expérience
la plus folle qu’on ai eut c’est probablement à Orange
County quand on a joué dans un parking d'un magasin Best Buy avec
des groupies (dans le sens fans). Je pense d’ailleurs que
on a pas la même définition de groupie, nous on trouve qu’une
groupie c’est une pétasse qui passe son temps en backstage.
Frank : Pas toutes les filles qui sont fans sont des pétasses,
il ne faut pas généraliser avec les gamines qui attendent
devant les concerts. Une groupie est une fille qui baiserait avec un mec
de la sécurité pour aller en backstage.
Gerard : Ouais à tous les coups elle n’aime pas
le groupe, elle trouve juste qu’ils sont beaux. Ouais donc ça
c’était la première fois où on a vu, pas que
des groupies, mais beaucoup de fans et ça devenait limite dangereux,
c’était la première fois que des gens escaladaient
un grillage pour venir nous voir ou courir a fond en groupes. C’est
la première fois qu’on a eu besoin de sécurité,
donc ça c’est sûrement l’histoire la plus folle.
Il y a beaucoup d’endroits où on a la chance de pas avoir
besoin de sécurité mais là il y avait 3000-4000 personnes
dans un parking, c ‘était dur à contrôler, ils
courent vers toi à fond et croient que t’es connu parce que
t’es à la radio.
Merci a Franck et Gerard pour leur acceuil et d'avoir
répondu longuement à nos questions, merci également
au manager du groupe, Amael et Slive (en espérant pas avoir écorché
son prénom)
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